La belle clarté de la « science du cœur » : géométrie du roman moderne dans la Lettre sur la Princesse de Clèves et la Lettre sur Eléonore d’Yvrée de Fontenelle

Annette Deschamps

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Annette Deschamps, « La belle clarté de la « science du cœur » : géométrie du roman moderne dans la Lettre sur la Princesse de Clèves et la Lettre sur Eléonore d’Yvrée de Fontenelle », Tropics [En ligne], 10 | 2021, mis en ligne le 01 décembre 2021, consulté le 27 janvier 2023. URL : https://tropics.univ-reunion.fr/1687

Fontenelle se distingue très tôt comme un auteur mondain de pièces galantes – et c’est bien l’un des reproches que lui adressent tant ses contemporains que ses successeurs1. Guillaume Peureux rappelle ainsi qu’

une partie importante des vers de Fontenelle relève de la poétique mondaine, des petits genres : on relève en effet des madrigaux, des héroïdes, des rondeaux, des pastorales, des sonnets et deux caprices, ainsi que de nombreuses pièces constituées d’une suite non périodique de strophes le plus souvent hétérométriques, en cela conformes à la vogue galante des vers mêlés2.

Cependant, au-delà du jeu poétique mondain et plaisant, Fontenelle s’inscrit très tôt dans des querelles, révélant son goût de Moderne. Il est bien sûr connu pour sa contribution à la Querelle des Anciens et des Modernes, notamment avec sa Digression sur les Anciens et les Modernes, parue en 1688 ; mais dix ans auparavant, Fontenelle a participé à la querelle portant sur La Princesse de Clèves, et notamment sur l’aveu que Madame de Clèves fait à son mari en présence de Monsieur de Nemours, querelle orchestrée par le Mercure galant qui propose à son public mondain de juger des questions esthétiques et morales que pose « l’ouvrage qui délivre le patron du nouveau genre, La Princesse de Clèves »3 (1678). En septembre 1687, Fontenelle prend, toujours dans le Mercure galant, la défense d’un roman héritier de La Princesse de Clèves, en écrivant la Lettre sur Eléonore d’Yvrée dans le but d’aider au lancement du roman de Catherine Bernard (auquel il a lui-même contribué)4. Le bel esprit qu’est Fontenelle se présente, dans ces deux lettres, en lecteur offrant, comme dans une conversation de salon, son goût pour les histoires nouvelles. En effet, la galanterie littéraire, pour se perfectionner, implique la lecture, et plus encore, « l’usage de la conversation »5.

Pourtant l’auteur de la Lettre sur la Princesse de Clèves se présente légèrement extérieur au cercle mondain, en un lecteur « géomètre qui parle de galanterie »6. Quelles nouvelles perspectives offre à Fontenelle ce centre de gravité apparemment décentré du salon mondain ? Si dans la Lettre sur Eléonore d’Yvrée cette posture de lecteur-géomètre n’est pas affichée aussi clairement, pourtant ce regard géométrique porté sur l’œuvre romanesque est sous-jacent, et implique – c’est là notre hypothèse – une réflexion stylistique et esthétique cohérente. Le point de vue de géomètre permettrait en effet de poser des principes généraux sur le roman ; et on pourrait même entrevoir dans ces deux lettres, étudiées de manière comparative, les bases de la pensée éthique et esthétique fontenellienne, dont le socle est précisément le bel esprit géométrique.

La comparaison de ces deux lettres permettra ainsi de rappeler le jeu de circulation de la réception des deux œuvres (La Princesse de Clèves et Eléonore d’Yvrée) au sein des différents contributeurs du Mercure galant, qu’ils soient auteurs reconnus comme l’est Fontenelle, ou amateurs éclairés, à l’instar du salon mondain. Ces deux lettres font l’éloge de deux histoires galantes, modernes, et qui sont admirables, aux yeux de Fontenelle, pour une même raison : « je vous avoue que je suis beaucoup plus touché de voir régner dans un Roman une certaine science du cœur, telle qu’elle est, par exemple, dans la Princesse de Clèves »7. Mais ne s’agit-il, dans ces deux lettres, que de célébrer cette « science du cœur », à laquelle le géomètre Fontenelle, « l’esprit tout rempli de mesures et de proportions »8, est si sensible dans « ces sortes d’Ouvrages »9 ? Ces deux lettres louent l’esthétique nouvelle de l’histoire galante, puisqu’elles soulignent ce que l’on peut y trouver de beau, et même ce qui doit permettre de différencier un « bon Ouvrage, [d’]un Livre »10 : d’une querelle à l’autre bientôt déclarée (la querelle des Anciens et des Modernes), la question du style est essentielle, pour les Modernes en général, et pour Fontenelle en particulier, qui ne cesse de proposer nombre d’hybridations11 autour du style galant. D’une lettre à l’autre, on pourra se rendre compte à quel point la conception de l’esthétique de la nouvelle galante est indissociable d’une éthique – galante – de la réception ; mais d’une lettre à l’autre, on pourra voir l’esthétique fontenellienne s’affirmer et se recentrer sur l’essence même d’un « bon Ouvrage », au-delà même de tout cercle galant. Ces écrits sont inscrits dans des circonstances précises dont ils visent à s’extraire, et c’est bien là qu’un « trait vif » fontenellien se révèle : l’art de « vuide[r] »12 les querelles.

Le jeu de circulation de la réception au sein du Mercure galant : une mise en scène de l’éthique galante de la réception des œuvres de Madame de La Fayette et de Catherine Bernard

Les succès du Mercure galant, créé en 1672 par le polygraphe Donneau de Visé, reposent sur une « vision et une mise en scène »13 d’un public d’honnêtes gens habitués des salons, et dont « les contenus [des conversations] sont avant tout mondains (promotions, mariages, baptêmes, décès) et littéraires : chronique des livres, des pièces et des académies »14. Faire vivre la conversation dans un salon, ou contribuer à la vie du Mercure galant, c’est en réalité poursuivre le même acte social ; que ce soit dans le Mercure galant ou dans un salon, les mêmes principes de la galanterie littéraire sont à l’œuvre :

Commerce et lecture sont indissociables : l’un apporte la forme et le naturel, l’autre la substance et la justesse. La conversation sans la lecture risque toujours de sombrer dans la futilité et la vanité ; la lecture que ne prolonge nulle conversation menace toujours d’être stérile, en vertu du grand principe du siècle qui veut que toute vérité et tout savoir socialement inutiles soient nuls et non avenus. Il n’y a pas de solution de continuité entre converser et lire, ni entre parler et écrire – mais de réciproques fécondations15.

La Lettre sur la Princesse de Clèves et la Lettre sur Eléonore d’Yvrée prennent la forme de compte-rendus de lecture d’ouvrages récents dans le Mercure galant. La posture du lecteur prolongeant sa lecture d’une réflexion personnelle offerte dans une conversation recréée dans le cadre de la lettre est soulignée dans la première, et même mise en scène dans la seconde.

Ces deux lettres sont adressées à un destinataire désigné au début et à la fin de la lettre, « Monsieur » (dans la Lettre sur la Princesse de Clèves), ou « Madame » (dans la Lettre sur Eléonore d’Yvrée). Fontenelle, dans la première lettre, insiste d’abord sur le plaisir qu’il a eu à lire la nouvelle de Madame de La Fayette ; la formule liminaire « Je sors présentement, monsieur, d’une quatrième lecture de la Princesse de Clèves »16 permet d’entrer tout de suite dans l’intimité de ce lecteur qui offre à son destinataire ses réflexions comme sur le vif. Le contexte de réception de cette « nouvelle galante » est ensuite rappelé : « Elle avait fait grand bruit par les lectures »17. Quant à la Lettre sur Eléonore d’Yvrée, celle-ci est mise en scène par un jeu de renvois au sein du numéro de septembre 1687 du Mercure galant. La Lettre sur Eléonore d’Yvrée est annoncée à la fin de la chronique des décès, invitant déjà à la circulation du lecteur entre ces deux contenus a priori différents : des morts réels à la tragédie de la passion amoureuse qui s’annonce, le lecteur du Mercure galant ne peut qu’établir des liens. Comme dans la conversation, il s’agit de glisser presqu’insensiblement d’un sujet à un autre.

Ensuite, il s’agit de favoriser la rencontre entre les lecteurs par l’intermédiaire d’une lettre, la forme privilégiée (sur le modèle de Voiture) de la « galanterie littéraire »18 : « Voicy ce qu’il [Fontenelle] a écrit à une Dame de ses Amies, en luy envoyant ce petit roman »19. La lecture s’affiche ainsi comme un don mondain qui se répète. Une lectrice du roman de Catherine Bernard est mise en relation par le polygraphe du Mercure galant avec une autre lectrice, par le truchement de la lettre que Fontenelle envoie à cette dernière. Enfin, plus que de rapprocher les lecteurs, il s’agit de rendre évident le goût de ces honnêtes gens qui, dans ce commerce recréé par le Mercure galant, s’accordent autour des mêmes jugements, autour de la même « manière de (bien) penser […] les ouvrages de l’esprit »20 :

Je n’avois point douté qu’avec ces traits vifs, qui se font d’abord sentir au cœur, vous n’y trouvassiez beaucoup de pensées & une très grande épargne de paroles. Ce sont les termes dont vous vous servez, et je crois que vous serez bien aise d’apprendre qu’en jugeant de cet Ouvrage, vous vous êtes rencontrée dans les sentiments d’un homme, pour qui vous avez beaucoup d’estime. C’est M. de Fontenelle21.

Presque les mêmes formules, attribuées à la destinataire du Mercure galant, se retrouvent sous la plume de Fontenelle dans la Lettre sur Eléonore d’Yvrée : « Les conversations […] ne consistent que dans ces sortes de traits qui vous mettent d’abord, pour ainsi dire, dans le vif de la chose, et rassemblent en fort peu d’espace tout ce qui étoit fait pour aller au cœur »22.

Pourquoi cette circulation du lecteur et de ses goûts semble-t-elle si aisée dans la Lettre sur Eléonore d’Yvrée ? C’est que depuis la parution de la Princesse de Clèves, savoir bien lire cette nouvelle galante est devenu un modèle de référence. Dans sa préface aux Entretiens sur la pluralité des mondes, parus en 1686 et en 1687, Fontenelle ne demande ainsi « aux dames pour tout ce système de philosophie, que la même application qu’il faut donner à La Princesse de Clèves »23. Et c’est avec application que Fontenelle a rendu compte de sa lecture dans le Mercure galant : « Vous ne vous contentez point que j’admire en gros et en général la Princesse de Clèves, vous voulez une admiration plus particulière, et qui examine l’une après l’autre les parties de l’ouvrage »24. Surtout, en une lettre, Fontenelle résume les attentes de ses contemporains lassés des romans trop longs et des intrigues trop complexes.

Depuis Sorel, le constat est en effet le même. Le naturel d’un public « à l’humeur prompte et vive »25 le conduit désormais à se lasser des grands romans héroïques de la première moitié du XVIIe siècle (de L’Astrée à Clélie, de Polexandre à Cléopâtre), qui tombent ainsi rapidement en désuétude au bénéfice des écrits plus courts que sont les nouvelles, autrement appelées histoires, ou nouvelles galantes, ou encore histoires galantes26. Fontenelle se fait l’écho, dans la Lettre sur la Princesse de Clèves27 et dans la Lettre sur Léonore d’Yvrée28, de ce goût de l’épure, exigence de la concentration de l’intrigue, conformément à l’esthétique classique. Le centre d’intérêt du lecteur se tourne désormais vers la vie intérieure des person­nages. Ce qui devrait permettre de « rendre l’ancienne vivacité […] pour ces sortes d’Ouvrages29 [il s’agit des Romans] », c’est le fait d’avoir accès « à tous les senti­ments de M. de Nemours et de madame de Clèves »30, à partir du moment où « les sentiments sont traités avec toute la finesse possible »31.

Pour définir ces récits modernes à des lecteurs habitués au monde des salons, les « façons de parler qui ont cours parmi les personnes polies »32 sont utilisées, et deviennent des catégories esthétiques. La délicatesse et la finesse de sentiment et d’esprit sont l’apanage d’un ethos galant partagé dans et hors de la fiction littéraire, et qui favorise non seulement la circulation du lecteur, mais surtout la circulation des sentiments : « si je voulais vous faire remarquer tout ce que j’ai trouvé de délicat dans cet ouvrage, il faudrait que je copiasse ici tous les sentiments de M. de Nemours et de madame de Clèves »33. L’idéal de sociabilité, fondé sur un idéal de transpa­rence, se donne à voir dans toute sa simplicité : paroles et écrits du cœur se confon­dent en un même temps et en un même espace, ou, pour le dire autrement, paroles de fiction et sentiments bien réels se superposent exactement.

Dans le cadre galant de ces Lettres, une esthétique des récits modernes se dessine, tout en tenant à distance le traité dogmatique ou pédant. Les réflexions de Fontenelle ne se développent qu’à partir d’un jugement fondé sur l’immédiateté d’une émotion esthétique affirmée, simplement, naïvement, en début de paragra­phe34. La relation qui se crée entre le livre et le cœur du lecteur est le centre de gravité de tout jugement esthétique, et nécessite d’être reconduite à chaque nouvelle lecture. La fin de la Lettre sur Eléonore d’Yvrée ouvre ainsi sur un nouveau jugement (« vous ne croirez du tout ceci que ce que votre cœur en sentira »35) qui ne devrait pourtant pas rompre la chaîne harmonieuse des cœurs et des esprits forgés aux mêmes goûts et plaisirs. Si la réflexion esthétique n’est pas vraiment théorisée, elle est présentée cependant selon un ensemble cohérent dans ce continuum de la conversation que propose le Mercure galant.

Ce fil de la plume sensible suit un ordre logique très clair36. Dans la Lettre sur la Princesse de Clèves, il s’agit d’étudier le « dessein » de l’œuvre, avant d’évoquer trois étapes bien précises : « les plaintes que fait M. de Clèves à Mlle de Chartres », « l’aventure du bal », et enfin « l’aveu que fait madame de Clèves à son mari »37. Cette progression suit l’ordre naturel de la lecture, et permet d’entrer toujours plus avant en territoire galant. D’abord, il s’agit de faire l’éloge de ce qui est beau38, puis de « l’aventure du bal [qui] m’a semblée la plus jolie et la plus galante du monde », et enfin de « ce trait si nouveau et si singulier, qui est l’aveu que madame de Clèves fait à son mari ». Le « beau » se déplace vers ce qui est le propre du style galant, le « joli » :

Le beau est lesté d’une vérité générale, tandis que le joli conserve la légèreté de l’ici et du maintenant. Il n’est pas, selon la formule traditionnelle, un diminutif du beau, il correspond à un autre point de vue, à une perspective nouvelle, plus intime, futile, sans remords, fugitive par principe39.

L’aventure du bal, pour Fontenelle, est « galante et jolie », car s’y joue la naissance de la passion amoureuse, d’une galanterie ; elle est « jolie » en ce sens que le lecteur est comme séduit par le couple en train de se créer sous ses yeux, en-dehors de toute question de morale. Mais la véritable question galante n’est pas là : elle est tout entière contenue dans l’aveu, inouï jusqu’alors, que Madame de Clèves fait à son mari. Fontenelle ne remet pas en cause le bien-fondé de la querelle sur la vraisemblance de cet aveu. Il regrette ainsi que « cela sent[e] un peu les traits de L’Astrée »40. Mais il effectue un déplacement de critère de jugement. Au lieu de se placer sur le plan de la vraisemblance41, il se place sur les plans éthique et esthétique : il ne « voi[t] pourtant rien à cela que de beau et d’héroïque ». Les singularités du nouveau genre galant peuvent alors très bien correspondre à ce couple beau / héroïque que les lecteurs des romans héroïques de l’âge baroque connaissent bien, tout comme les admirateurs des tragédies de Corneille. Il n’y a pas en réalité de rupture nette entre le beau, le galant et le joli, dont les « trait[s] », fussent-ils « si nouveau[x] et si singulier[s] »42, sont « fait[s] pour aller au cœur »43.

La Lettre sur la Princesse de Clèves et la Lettre sur Eléonore d’Yvrée sont deux écrits de circonstance visant à souligner « l’effort d’esprit »44 de leurs autrices. La simplicité et la brièveté de l’écriture sont au service de l’intensité des émotions qui se doivent d’être immédiatement visibles et sensibles. Cependant, si Fontenelle adopte bien une posture de mondain, il se présente dans la Lettre sur la Princesse de Clèves, comme un « géomètre qui parle de galanterie »45, et qui, comme tel, apprécie, ce qu’il appelle dans la Lettre sur Eléonore d’Yvrée la « science du cœur »46. Les lois du cœur humain ne sont-elles faites que de circonstances ? « A le prendre par un certain endroit »47, le plaisir que procure la nouvelle galante n’est-il pas en réalité un plaisir universel ?

Être un « géomètre qui parle de galanterie » : mesurer l’équilibre d’une œuvre littéraire

Depuis Descartes qui demandait, dans la lettre-préface à ses Principes « qu’on parcourût [son] livre d’abord tout entier, ainsi qu’un roman »48, le parallèle entre les mondes des Belles Lettres et des Mathématiques est posé. Très tôt dans ses écrits, dès 1678, dès la Lettre sur la Princesse de Clèves, Fontenelle s’inscrit dans la continuité de Descartes, en adoptant la figure d’un « géomètre »49, d’un « mathéma­ticien » :

Il vous serait aisé de juger qu’un géomètre comme moi, l’esprit tout rempli de mesures et de proportions, ne quitte point son Euclide pour lire quatre fois une nouvelle galante, à moins qu’elle n’ait des charmes assez forts pour se faire sentir à des mathématiciens mêmes, qui sont peut-être les gens du monde pour lesquels ces sortes de beautés trop fines et trop délicates font le moins d’effet50.

Pourquoi Fontenelle insiste-t-il autant sur cet apparent écart entre l’esprit de géométrie et l’esprit de roman ? Et surtout, pourquoi un « esprit tout rempli de mesures et de proportions » serait-il charmé par cette nouvelle galante, si ce n’est parce qu’il y trouverait ce qui est conforme à sa nature, à savoir des « mesures et des proportions » ? L’esprit de géométrie ne serait-il pas alors une voie d’accès à une critique esthétique particulièrement fertile, puisqu’elle saurait unir plaisir singulier du lecteur et rigueur universelle de la raison ?

Contrairement à ce que l’on pourrait a priori croire, un même principe unit le lecteur et le géomètre51. Tous deux peuvent poursuivre leur parcours (la découverte d’une œuvre littéraire pour l’un, la découverte des lois physiques pour l’autre) à partir du plaisir esthétique éprouvé devant ce qui a été vu – ou lu. Le lecteur de la Lettre sur la Princesse de Clèves admire toutes les parties de la nouvelle galante52, tout comme le géomètre trouve de la beauté devant la nature perçue « comme un spectacle admirable »53. Même si ce parallèle entre les types de beautés (naturelle ou littéraire) n’a pas été théorisé en soi par Fontenelle, il est néanmoins clairement affirmé dans le premier Entretien entre la Marquise et le Philosophe, lorsqu’il s’agit de déterminer ce qu’il y a de plus beau, la beauté du jour ou la beauté de la nuit :

Il est pourtant vrai que le jour est ce qu’il y a de plus beau dans la nature, et que les héroïnes de romans, qui sont ce qu’il y a de plus beau dans l’imagination, sont presque toujours blondes […]54.

Dans la Lettre sur Eléonore d’Yvrée, c’est l’annonce des beautés que la future lectrice va trouver dans l’œuvre qui doit éveiller sa curiosité et son désir de découvrir le récit, dont la lecture devrait ranimer en elle l’ancien « goût des Romans »55 : « Vous trouverez dans Eléonore d’Yvrée beaucoup de beautés de cette derniere espèce [il s’agit des "choses de passion"] »56. En effet, pour cette future lectrice, comme pour le Philosophe des Entretiens ou le lecteur-géomètre de la Lettre sur la Princesse de Clèves, c’est bien l’admiration devant la beauté du monde observé, physique ou littéraire, qui est à la source de la curiosité de ces spectateurs, de leur envie de lire, de connaître et de comprendre. La Marquise est prête à suivre le Philosophe dans sa rêverie « sur les étoiles », « pourvu qu’[elle] y trouve du plaisir »57. Dans les Entretiens, il ne s’agit que de « plaisirs qui ne sont que dans la raison »58, alors que les beautés de la Princesse de Clèves et d’Eléonore d’Yvrée résident dans « tout ce qui etoit fait pour aller au cœur »59. Plaisir du cœur et « plaisirs qui ne sont que dans la raison » peuvent-ils se rejoindre ? Comment tenir encore le parallèle ?

En réalité, le géomètre et le lecteur se rejoignent en ce sens que tous deux souhaitent porter leurs regards (selon la célèbre métaphore de l’opéra développée par le Philosophe dans le premier Entretien)60 vers les « machines » complexes qui composent aussi bien l’ouvrage de la nature que l’ouvrage d’un auteur.

L’ouvrage littéraire est un « monde » complexe, organisé entièrement par un auteur qui est présenté dans la Lettre sur la Princesse de Clèves comme une sorte de « machiniste », dont Fontenelle salue d’emblée le « dessein » ; dans la Lettre sur Eléonore d’Yvrée, Fontenelle rappelle « le mérite qu’il y a à bien nouer une intrigue, et à disposer les événemens de sorte qu’il en résulte de certains effets surprenans »61 pour le « parterre », c’est-à-dire pour les lecteurs, qui sont entièrement mus par les « ressort[s] »62 imaginés par l’auteur. Pour poursuivre la métaphore des Entretiens, le lecteur-géomètre se situe dans le parterre, et explicite le plaisir qu’il a éprouvé à se laisser entraîner par le « fort beau plan » de l’auteur : « On se plaît à voir cet amour [entre la Princesse de Clèves et le duc de Nemours] croître insensiblement par degrés »63 ; comme au théâtre, les yeux du lecteur sont guidés : « Il semble qu’on lui fait violence pour lui faire tourner ses regards ailleurs »64. Mais le lecteur-géomètre désire également voir derrière le rideau, pour entrevoir, derrière les effets, leur cause.

L’auteur a fait jouer un ressort bien plus délicat pour faire répandre dans la cour une aventure si extraordinaire. Il n’y a rien de plus spirituellement imaginé que le duc de Nemours qui conte au Vidame son histoire particulière en termes généraux65.

L’action du duc de Nemours est en réalité seconde ; ce qui est premier, c’est le « ressort » « spirituellement imaginé »66 par l’auteur, seulement visible pour des yeux avertis – des yeux de Philosophe ou de géomètre. Ce qui est premier est de l’ordre de l’invisible (et pourtant nécessaire, puisqu’il s’agit de la volonté de l’auteur), alors que ce qui est visible – et qui correspond à la réalité sensible du lecteur – n’est qu’un jeu de l’auteur créé pour le plaisir du lecteur. Le plaisir auquel nous convie Fontenelle est un « plaisir qui n’[est] que dans la raison », puisqu’il consiste à remonter la chaîne des causes, mais dont le point de départ se situe bien dans le cœur.

Ce plaisir de lecture – qui unit dans un même mouvement plaisir du cœur et plaisir de la raison – n’est pas présent dans toutes les œuvres, et devient ainsi un critère permettant de juger de la qualité d’un roman. Comme le souligne Fontenelle dans la Lettre sur Eléonore d’Yvrée, le « seul mérite qu’il y a à bien nouer une intrigue et à disposer les événemens »67 ne saurait suffire. Encore faut-il qu’il y ait, comme derrière le rideau de l’opéra, des « cordes […] parfaitement bien cachées » à découvrir, une vérité a priori invisible pour qui ne serait pas géomètre. En effet, si le lecteur de la Princesse de Clèves sait mieux que les autres ne pas se laisser prendre au « plan »68 de Madame de La Fayette, c’est bien parce qu’en disciple de Descartes, il a su trouver, non pas à la troisième, mais à la deuxième lecture, « la solution de la plupart des difficultés qu’on aura marquées auparavant »69.

Pourquoi une œuvre plaît-elle, sans lasser, et inviterait-elle à plusieurs lec­tures ? Parce qu’elle recèle en elle les « cordes » des sentiments humains. L’expres­sion « science du cœur »70 devient donc plus claire : ce n’est pas une simple méta­phore ornementale. « Science » n’est pas même à prendre au sens étymologique et général de « connaissance », mais s’imprègne bien de la nouvelle acception du terme au moment de la naissance de la science moderne. Lire un roman, c’est percer les secrets de la nature humaine, tout comme le géomètre perce ceux de la physique et de l’astronomie. Les deux activités sont donc complémentaires : le géomètre étudie l’invisible lointain, extérieur à la nature humaine, tandis que le romancier étudie l’invisible proche, contenu au sein même de la nature humaine. Le trop visible « merveilleux des incidens »71 ne peut de ce fait que déplaire au lecteur avide de découvrir « certains mouvements du cœur presque imperceptibles, à cause de leur délicatesse »72. Le lecteur-géomètre de La Princesse de Clèves suit ainsi des yeux « la naissance et les progrès de sa [celle de Mme de Clèves] passion pour le duc de Nemours »73.

On se plaît à voir cet amour croître insensiblement par degrés, et à le conduire des yeux jusqu’au plus haut point où il puisse monter dans une si belle âme.

Le lecteur suit des yeux la course de la passion amoureuse, « par degrés » successifs, comme un astronome suivrait la course d’une étoile dans le ciel. Il y a là une confusion volontairement établie entre spectacle et spectateur, entre les espaces de la scène, du parterre et des coulisses. Si cet « amour croî[t] […] par degrés », il ne peut donc croître insensiblement, sauf à considérer que cette évolution est insensible pour Madame de Clèves, mais bien mesurable par « degrés » pour le lecteur-géomètre-spectateur, qui se situe donc dans les trois espaces en même temps. C’est bien parce que le lecteur a la curiosité du géomètre qu’il peut se glisser entre les espaces, et adopter simultanément trois points de vue à la fois : celui du person­nage qui d’une certaine façon ne voit pas bien (et ne maîtrise donc pas ses senti­ments), celui de l’auteur qui a conçu les traits du destin des personnages, et celui du lecteur-spectateur qui jouit de cette vision en quelque sorte panoramique. C’est ainsi que l’on peut comprendre l’esthétique du « trait », louée chez Fontenelle, et qui est explicitée à la fin de la Lettre sur Eléonore d’Yvrée :

Elles [les conversations du roman de Catherine Bernard] ne consistent que dans ces sortes de traits qui vous mettent d’abord, pour ainsi dire, dans le vif de la chose, et rassemblent en fort peu d’espace tout ce qui etoit fait pour aller au cœur74.

Le lecteur est comme transporté au cœur de l’action, « dans le vif de la chose », et principalement dans les « choses de passion »75 ; mais son cœur est touché dans un espace particulier du roman, là où la voix du romancier apparemment se fait oublier au profit des paroles des personnages. Cependant, c’est précisément dans cet espace où la parole auctoriale est absente que Fontenelle décèle la remarquable présence de l’auteur. La maîtrise absolue des effets et des causes se perçoit dans l’antithèse « fort peu » / « tout », révélant l’économie – et néanmoins l’efficacité – de la parfaite mécanique, quasi horlogère, du roman Eléonore d’Yvrée.

La parfaite mesure de la langue « qui parle de galanterie »

La Marquise, au début du Premier Entretien, s’étonne ainsi : « Il est surprenant que l’ordre de la Nature, tout admirable qu’il est, ne roule que sur des choses si simples »76. On pourrait, pour plagier la Marquise, s’étonner que le roman Eléonore d’Yvrée, « tout admirable qu’il est, ne roule que sur des paroles [apparemment] si simples ». C’est d’ailleurs sur cet étonnement feint (?) que s’achève la Lettre sur Eléonore d’Yvrée :

Comme on se propose d’ordinaire, pour un Livre, une certaine étendue, et même un certain volume, on n’est pas accoutumé d’être plus avare de paroles, que de pensées77.

Fontenelle loue la parfaite maîtrise du langage de Catherine Bernard78, qui « vous porte dans l’esprit une idée vive », et en même temps qui « rassembl[e] tout ce qui etoist fait pour aller droit au cœur »79. Cependant, il est étonnant que dans cette lettre, parue dans Le Mercure galant, selon un mode d’écriture galant, Fontenelle évite soigneusement tout terme relevant de la galanterie pour désigner une nouvelle qu’il inscrit pourtant dans la lignée de La Princesse de Clèves. Seuls les termes généraux de « Livre », « Roman » et « Ouvrage » sont présents, alors que dans la Lettre sur la Princesse de Clèves, l’expression de « nouvelle galante » est utilisée. Est-ce seulement parce que près de dix ans après la querelle sur la Princesse de Clèves, le style galant est tellement apprécié qu’il n’y aurait même plus besoin de le souligner ? Ne faudrait-il pas plutôt y voir un « trait » fontenellien, celui de « rédui[re] la question »80 posée ?

Chacune des lettres cherche en effet à « réduire » une querelle. La Lettre sur la Princesse de Clèves est écrite en pleine querelle sur l’aveu – jugé invraisemblable – de Madame de Clèves à son mari. Comme ce qui permet de juger l’œuvre n’est pas l’exemple d’une telle action que l’on pourrait trouver dans la société, mais la relation intime, fondée sur l’esthétique du dévoilement81, qui s’est nouée entre l’œuvre et son lecteur, tout autre raisonnement devient inutile82, et la querelle devient de fait superflue. Même si Fontenelle prend parti pour un récit moderne, galant, sur un ton galant, en montrant que l’esthétique galante du joli peut bien rivaliser avec l’esthétique classique du beau, il ouvre la voie à un jugement esthétique qui tend à poser des centres de gravité, des critères de jugement extérieurs à la querelle en question. Le joli, propre au galant, est de l’ordre de « l’intime », du « futile », du « fugiti[f] par principe »83. Le critère du jugement esthétique, s’il se fonde sur la sensibilité, doit être quant à lui universel. Il est vrai que dans l’univers du salon, les sensibilités se façonnent sur les mêmes modèles, cependant, on peut remarquer dès la Lettre sur la Princesse de Clèves l’effort de Fontenelle à penser le jugement esthétique en géomètre, c’est-à-dire sur un axe reliant le cœur et l’esprit. Et c’est bien cette même méthode qui est présente dans la Lettre sur Eléonore d’Yvrée. Sans rapport a priori avec la querelle entre les Anciens et les Modernes (qui, si elle n’a pas encore éclaté, est pourtant latente), toute la question est alors de savoir ce qui permet de distinguer un auteur admirable d’un « Auteur médiocre », un « bon Ouvrage [d]’un Livre »84.

Dans la Princesse de Clèves, comme dans Eléonore d’Yvrée, « l’effort d’es­prit » et « l’effort d’imagination »85 de l’auteur se révèlent lors des conversations des personnages86, parce que les questions récurrentes que se posent nombre d’auteurs mondains dans la deuxième partie du XVIIe siècle pourraient se résumer dans la question qu’Eugène pose à Ariste : « Que faut-il faire […] pour bien parler et pour bien écrire ? »87

Un autre principe esthétique se dessine si on compare les œuvres de Madame de La Fayette et de Catherine Bernard : la fidélité envers la nature88. « Dans les choses de passion, ce n’est que la nature seule qui se fait sentir »89. Ce qui, dans la Princesse de Clèves, est considéré comme « admirable », c’est la « sincérité » des paroles – pourtant interdites – prononcées :

On admire la sincérité qu’eut Madame de Clèves d’avouer à son mari son amour pour M. de Nemours ; mais quand M. de Nemours […] s’informe devant lui, et assez particulièrement, de la disposition de Coulommiers, j’admire avec quelle sincérité il lui avoue le dessein qu’il a d’aller voir sa femme90.

Cette « sincérité » des paroles prononcées serait, selon les réflexions des auteurs contemporains, un trait caractéristique de la langue française. Bouhours, dans les Entretiens d’Ariste et Eugène (1678) mène une étude comparative des langues européennes, et la supériorité de la langue française tiendrait précisément en sa naïveté, en son « talent particulier, pour exprimer les plus tendres sentiments du cœur »91. Toute personne galante se doit de se rapprocher de cet idéal de perfection de la langue française, et de s’exprimer avec naïveté et sincérité. Chacun veille à donner une image de soi où pensée et parole se livrent de façon « naturelle, sans fard, sans artifice »92, et Fontenelle, en auteur galant, ne déroge pas à ce principe93. Il utilise le même principe du naturel pour juger de la qualité d’un écrivain. Le travail de l’auteur consiste donc à faire oublier que précisément il y a eu travail au profit d’une impression de naturelle et simple spontanéité. Le « ressort » « spirituellement imaginé »94 par Madame de La Fayette, certes perçu par le lecteur-géomètre, a cependant su se faire oublier puisqu’il ne reste plus que l’admiration devant « la sincérité » de l’aveu de Madame de Clèves. À l’inverse, l’Auteur médiocre, est bien celui dont le travail se voit par une logorrhée inutile, par son manque de mesure sur l’ordre naturel de la langue française95. Il n’aurait pas su se conformer à cet idéal de brièveté et de naïveté qui, pour Bouhours (à travers son personnage d’Eugène), serait le propre de la langue française :

Mais ce que j’admire le plus en elle [la langue française], c’est qu’elle est claire sans être trop étendue. […] Elle prend plaisir à renfermer beaucoup de sens en peu de mots. La brièveté lui plaît […] Elle a plus égard au bon sens, qu’à la belle cadence. Je vous le dis encore une fois, rien ne lui est plus naturel qu’une brièveté raisonnable96.

C’est bien cette « brièveté raisonnable » qui serait, pour Fontenelle, la marque d’un ouvrage réussi, qu’il soit – ou non – un ouvrage galant, un ouvrage dit moderne. L’exigence de clarté et de précision, pour l’auteur, est essentielle, de façon à « ne point lire sans se représenter nettement ce qu’on lit »97.

En cela, la Marquise des Entretiens dessine un modèle de lecteur, esquissé auparavant dans la Lettre sur la Princesse de Clèves, poursuivi dans la Lettre sur Eléonore d’Yvrée. Pour que le lecteur puisse, comme la Marquise, « s’applique[r] un peu », il faut également construire un auteur-modèle qui joue avec les codes de la galanterie, et qui saura être un bel esprit séduisant, mais sans tomber dans les excès des faux brillants. Ce qu’il faut faire briller aux yeux du lecteur, ce sont précisément « les idées vives » de « la science du cœur », rendues claires, évidentes, plaisantes – riantes – grâce à une parfaite maîtrise de ce que Bouhours appelle le « vrai bel esprit », qui « vient d’une intelligence droite & lumineuse, d’une imagination nette et agréable »98.

Nous avons voulu montrer à quel point les Lettres sur la Princesse de Clèves et sur Eléonore d’Yvrée permettaient de poser les bases de la réflexion esthétique de Fontenelle, développées plus précisément dans le Discours sur la nature de l’églogue. Ces deux lettres permettent surtout de montrer toute la cohérence de la pensée de Fontenelle, qui s’efforce de lier géométrie et esthétique, unies autour de la même exigence – classique – de clarté et de naturel.

En 1727, dans sa préface aux Éléments de la géométrie de l’infini, Fontenelle insiste sur la grandeur de la géométrie :

Car il n’y a dans la géométrie, pour ainsi dire, que ce que nous y avons mis, ce ne sont que les idées les plus claires que l’esprit humain puisse former sur la grandeur comparées ensemble, et combinées d’une infinités [sic] de façons différentes99.

Le lecteur-géomètre qu’est Fontenelle admire les œuvres modernes de Madame de La Fayette et de Catherine Bernard parce qu’elles portent en leur sein « les idées les plus claires que l’esprit humain puisse former » sur le cœur et les sentiments humains. La posture de Fontenelle dans la Lettre sur la Princesse de Clèves est fondatrice, en ce sens qu’elle oblige à s’extraire de la question de la vraisemblance, pour se concentrer sur la clarté et la précision du style, car ce qui est essentiel, pour ce bel esprit galant, c’est bien la clarté des idées et non la « gloire de paraître plus profond »100.

1 On pense bien sûr au portrait de Cidias fait par La Bruyère, ou au nain de Saturne dans Micromégas. A propos de la pièce L’Amour noyé, composée en

2 Guillaume Peureux, « Fontenelle poète mondain : la fabrique d’une image », in Revue Fontenelle n°10, PURH, 2013, p. 170.

3 Marc Escola, Présentation aux Nouvelles galantes du XVIIe siècle, GF, 2004, p. 8.

4 Alain Niderst précise que Fontenelle « n’en disconvenait pas avec ses amis particuliers », OC, t. II, p. 315.

5 Alain Viala, La France galante, chapitre 2 « Le Grand Siècle en lettres galantes », PUF, 2008, p. 52.

6 Fontenelle, Lettre sur la Princesse de Clèves, OC, t. I, p. 13.

7 Fontenelle, Lettre sur Eléonore d’Yvrée, OC, t. II, p. 316. Cette notion de « science du cœur » sera au cœur de la seconde préciosité, notamment

8 Fontenelle, Lettre sur la Princesse de Clèves, OC, t. I, p. 13.

9 Fontenelle, Lettre sur Eléonore d’Yvrée, OC, t. II, p. 316.

10 Fontenelle, Lettre sur Eléonore d’Yvrée, OC, t. II, p. 317.

11 Pour reprendre la terminologie d’Alain Viala.

12 Fontenelle, Discours sur la nature de l’églogue, OC, t. II, p. 416.

13 Alain Viala, La France galante, chapitre 9 « Dissémination », op. cit. p. 276.

14 Ibid., p. 277

15 Emmanuel Godo, Histoire de la conversation, chapitre III, « Le XVIIe siècle ou la conversation souveraine », PUF, 2003, p. 129.

16 Fontenelle, Lettre sur la Princesse de Clèves, OC, t. I, p. 13.

17 Ibid.

18 Alain Viala, Ibid., chapitre 2 « Le Grand Siècle en Lettres galantes », op. cit., p. 49.

19 Le Mercure galant, septembre 1687,https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k62208371/f334.double

20 Pour reprendre le titre de l’ouvrage du p. Bouhours, La manière de bien penser dans les Ouvrages de l’esprit.

21 Le Mercure galant, septembre 1687 ; le polygraphe, à la fin de la rubrique des « décès » introduit ainsi la Lettre sur Eléonore d’Yvrée de

22 Fontenelle, Lettre sur Eléonore d’Yvrée, OC, t. II, p. 317.

23 Fontenelle, Entretiens sur la pluralité des mondes, Préface, Paris, GF, p. 52.

24 Fontenelle, Lettres sur la Princesse de Clèves, OC, t. II, p. 13.

25 Du Plaisir, Sentiments sur l’histoire, in Nouvelles galantes du XVIIe siècle, GF Flammarion, 2004, p. 485.

26 Il est difficile de dater précisément cette mutation ; cependant Marc Escola situe cette rupture « entre 1657, avec la publication anonyme d’un

27 « On n’y voudrait point d’épisodes », OC, t. I, p. 14.

28 « C’est un petit sujet peu chargé d’intrigues », OC, t. II, p. 316.

29 Fontenelle, Lettre sur Eléonore d’Yvrée, OC, t. II, p. 316.

30 Fontenelle, Lettre sur la Princesse de Clèves, OC, t. I, p. 15 (nous soulignons).

31 Fontenelle, Lettre sur Eléonore d’Yvrée, OC, t. II, p. 316.

32 Dominique Bouhours, Entretiens d’Ariste et Eugène, Second Entretien, « La Langue française », Paris, H. Champion, p. 134-135. Ariste demande à

33 Fontenelle, Lettre sur la Princesse de Clèves, OC, t. I, p. 15.

34 « Le dessein m’en a paru très-beau » ; « Les plaintes que fait M. de Clèves à Mlle de Chartres, lorsqu’il est sur le point de l’épouser, sont si

35 Fontenelle, Lettre sur Eléonore d’Yvrée, OC, t. I, p. 317.

36 Fontenelle est en cela héritier des classiques : sur ce point, il rejoint donc Boileau, chef de file des Anciens.

37 Ibid., p. 14-15.

38 « Le dessein m’en a paru très beau » ; « Les plaintes que fait M. de Clèves à Mlle de Chartres […] sont si belles » (nous soulignons).

39 Michel Delon, « Une catégorie esthétique en question au XVIIIe siècle, le joli », cité par KIM Gladu in La Grandeur des petits genres, chapitre «

40 Fontenelle, Lettre sur la Princesse de Clèves, OC, t. I, p. 16.

41 Nombre de critiques ont porté sur cette question, voir notamment : Valincour, Lettres à Madame la Marquise *** sur « La Princesse de Clèves »

42 Ibid., p. 15.

43 Fontenelle, Lettre sur Eléonore d’Yvrée, OC, t. II, p. 317.

44 Ibid., p. 316.

45 Fontenelle, Lettre sur la Princesse de Clèves, OC, t. I, p. 16.

46 Fontenelle, Lettre sur Eléonore d’Yvrée, OC, t. II, p. 316.

47 Fontenelle, Discours sur la nature de l’églogue, OC, t. II, p. 394.

48 Cité par Christophe Martin dans son édition des Entretiens sur la pluralité des mondes de Fontenelle, GF, 1998, p. 52, n. 1.

49 Cet « écho » à la lettre-préface des Principes de Descartes est souligné par Christophe Martin à propos de la Préface aux Entretiens sur la

50 Fontenelle, Lettre sur la Princesse de Clèves, OC, t. I, p. 13.

51 Fontenelle développe la même idée, mais sous un angle inversé, dans la préface sur l’utilité des mathématiques : « L’esprit géométrique n’est pas

52 Où que les yeux du lecteur se posent, ce dernier trouve dans la nouvelle de Madame de La Fayette de la beauté : le « dessein » de l’œuvre, les « 

53 Christophe Martin, Présentation des Entretiens sur la pluralité des mondes, op. cit., p. 30.

54 Fontenelle, Entretiens sur la pluralité des mondes, OC, t. II, p. 18.

55 Fontenelle, Lettre sur Eléonore d’Yvrée, OC, t. II, p. 315.

56 Ibid., p. 316.

57 Fontenelle, Entretiens sur la pluralité des mondes, Premier Entretien, OC, t. II, p. 19.

58 Fontenelle, Lettre sur Eléonore d’Yvrée, OC, t. II, p. 317.

59 Ibid.

60 Fontenelle, Entretiens sur la pluralité des mondes, Premier Entretien : « Je me figure que la nature est un grand spectacle qui ressemble à celui

61 Fontenelle, Lettre sur Eléonore d’Yvrée, OC, t. II, p. 317.

62 Fontenelle, Lettre sur La Princesse de Clèves, OC, t. I, p. 16.

63 Ibid., p. 14. Nous soulignons.

64 Ibid., p. 14. Nous soulignons.

65 Ibid.

66 Ibid., p. 16.

67 Fontenelle, Lettre sur Eléonore d’Yvrée, OC, t. II, p. 316.

68 Fontenelle, Lettre sur la Princesse de Clèves, OC, t. I, p. 15 : « Bien des gens ont été pris à ce plan. Ils croyaient que tous les personnages

69 René Descartes, lettre-préface des Principes, cité par Christophe Martin, Ibid., p. 52, n. 2.

70 Fontenelle, Lettre sur Eléonore d’Yvrée, OC, t. II, p. 316.

71 Ibid.

72 Ibid.

73 Fontenelle, Lettre sur la Princesse de Clèves, OC, t. I, p. 14.

74 Fontenelle, Lettre sur Eléonore d’Yvrée, OC, t. II, p. 317.

75 Ibid., p. 316.

76 Fontenelle, Entretiens sur la pluralité des mondes, OC, t. II, p. 22.

77 Fontenelle, Lettre sur Eléonore d’Yvrée, OC, t. II, p. 317.

78 « Les paroles y sont épargnées, et le sens ne l’est pas », Ibid., p. 316.

79 Ibid., p. 316 et 317.

80 Fontenelle, Digression sur les Anciens et les Modernes, OC, t. II, p. 413.

81 Cf. II.

82 « Qu’on raisonne tant qu’on voudra là-dessus, je trouve le trait admirable et très-bien-préparé », Fontenelle, Lettre sur la Princesse de Clèves

83 Cf. n. 39.

84 Fontenelle, Lettre sur Eléonore d’Yvrée, OC, t. II, p. 316 et 317.

85 Ibid., p. 316.

86 « Il n’y a rien de plus spirituellement imaginé que le duc de Nemours qui conte au Vidame son histoire particulière en termes généraux » / « Les

87 Dominique Bouhours, Les Entretiens d’Ariste et Eugène, Second Entretien, « La Langue française », op. cit., p. 120.

88 Et qui sera encore plus évident dans le Discours sur la nature de l’églogue (1688).

89 Fontenelle, Lettre sur Eléonore d’Yvrée, OC, t. II, p. 316.

90 Fontenelle, Lettre sur La Princesse de Clèves, OC, t. I, p. 16.

91 Dominique Bouhours, Les Entretiens d’Ariste et Eugène, Second Entretien « La Langue française », op. cit., p. 120. Ariste ajoute même : « Je

92 C’est le sens donné par le Dictionnaire de l’Académie française (tome 2, 1694), à l’adjectif « naïf ».

93 Dans les deux lettres fictives Histoire de mon cœur et Histoire de mes conquêtes (de Fontenelle, et parues respectivement en janvier et février

94 Fontenelle, Lettre sur la Princesse de Clèves, OC, t. I, p. 16.

95 Fontenelle, Lettre sur Eléonore d’Yvrée, OC, t. II, p. 316 : « Un seul trait vous porte dans l’esprit une idée vive, qui entre les mains d’un

96 Dominique Bouhours, Les Entretiens d’Ariste et Eugène, Ibid., p. 121.

97 Fontenelle, Préface aux Entretiens sur la pluralité des mondes, OC, t. II, p. 11.

98 Dominique Bouhours, Les Entretiens d’Ariste et Eugène, Quatrième Entretien, « Le Bel esprit », Ibid., p. 241.

99 Fontenelle, Éléments de la géométrie de l’infini, « Préface » (1727), in Digression sur les Anciens et les Modernes et autres textes

100 Fontenelle, Éléments de la géométrie de l’infini, « Préface », Ibid., p. 302.

1 On pense bien sûr au portrait de Cidias fait par La Bruyère, ou au nain de Saturne dans Micromégas. A propos de la pièce L’Amour noyé, composée en mai 1677, « qualifiée de "très jolie bagatelle", « Donneau de Visé présente et vante l’auteur en mentionnant son nom : "les vers sont de Monsieur de Fontenelle, qui, à l’âge de vingt ans, a déjà plus d’acquis qu’on n’en a d’ordinaire à quarante" », Monique Vincent, « Jean Donneau de Visé (1638-1710). Le Mercure galant ou les choix d’un polygraphe », in Littératures classiques, n°49, automne 2003. De la polygraphie au XVIIe siècle. p. 223-241.

2 Guillaume Peureux, « Fontenelle poète mondain : la fabrique d’une image », in Revue Fontenelle n°10, PURH, 2013, p. 170.

3 Marc Escola, Présentation aux Nouvelles galantes du XVIIe siècle, GF, 2004, p. 8.

4 Alain Niderst précise que Fontenelle « n’en disconvenait pas avec ses amis particuliers », OC, t. II, p. 315.

5 Alain Viala, La France galante, chapitre 2 « Le Grand Siècle en lettres galantes », PUF, 2008, p. 52.

6 Fontenelle, Lettre sur la Princesse de Clèves, OC, t. I, p. 13.

7 Fontenelle, Lettre sur Eléonore d’Yvrée, OC, t. II, p. 316. Cette notion de « science du cœur » sera au cœur de la seconde préciosité, notamment chez Marivaux. Sur ce point, voir par exemple : Guilhem Armand, « Science et métaphysique du cœur dans La Double Inconstance et La Dispute de Marivaux », TrOPICS n°5, Supplément : Autour du programme de l’Agrégation de Lettres 2019 (G. Armand, dir.), déc. 2018, p. 231-250.

8 Fontenelle, Lettre sur la Princesse de Clèves, OC, t. I, p. 13.

9 Fontenelle, Lettre sur Eléonore d’Yvrée, OC, t. II, p. 316.

10 Fontenelle, Lettre sur Eléonore d’Yvrée, OC, t. II, p. 317.

11 Pour reprendre la terminologie d’Alain Viala.

12 Fontenelle, Discours sur la nature de l’églogue, OC, t. II, p. 416.

13 Alain Viala, La France galante, chapitre 9 « Dissémination », op. cit. p. 276.

14 Ibid., p. 277

15 Emmanuel Godo, Histoire de la conversation, chapitre III, « Le XVIIe siècle ou la conversation souveraine », PUF, 2003, p. 129.

16 Fontenelle, Lettre sur la Princesse de Clèves, OC, t. I, p. 13.

17 Ibid.

18 Alain Viala, Ibid., chapitre 2 « Le Grand Siècle en Lettres galantes », op. cit., p. 49.

19 Le Mercure galant, septembre 1687,
https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k62208371/f334.double

20 Pour reprendre le titre de l’ouvrage du p. Bouhours, La manière de bien penser dans les Ouvrages de l’esprit.

21 Le Mercure galant, septembre 1687 ; le polygraphe, à la fin de la rubrique des « décès » introduit ainsi la Lettre sur Eléonore d’Yvrée de Fontenelle,
https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k62208371/f334.double

22 Fontenelle, Lettre sur Eléonore d’Yvrée, OC, t. II, p. 317.

23 Fontenelle, Entretiens sur la pluralité des mondes, Préface, Paris, GF, p. 52.

24 Fontenelle, Lettres sur la Princesse de Clèves, OC, t. II, p. 13.

25 Du Plaisir, Sentiments sur l’histoire, in Nouvelles galantes du XVIIe siècle, GF Flammarion, 2004, p. 485.

26 Il est difficile de dater précisément cette mutation ; cependant Marc Escola situe cette rupture « entre 1657, avec la publication anonyme d’un recueil de Nouvelles françaises ou les Divertissements de la Princesse Aurélie, rédigé par Segrais à la demande de Mlle de Montpensier, et 1662, avec la parution, également anonyme, d’une première "histoire" qui porte le titre de cette même Mademoiselle – La Princesse de Montpensier, attribuée à Mme de Lafayette ». Nouvelles galantes du XVIIe siècle, Présentation, op. cit. p. 8.

27 « On n’y voudrait point d’épisodes », OC, t. I, p. 14.

28 « C’est un petit sujet peu chargé d’intrigues », OC, t. II, p. 316.

29 Fontenelle, Lettre sur Eléonore d’Yvrée, OC, t. II, p. 316.

30 Fontenelle, Lettre sur la Princesse de Clèves, OC, t. I, p. 15 (nous soulignons).

31 Fontenelle, Lettre sur Eléonore d’Yvrée, OC, t. II, p. 316.

32 Dominique Bouhours, Entretiens d’Ariste et Eugène, Second Entretien, « La Langue française », Paris, H. Champion, p. 134-135. Ariste demande à Eugène de préciser la manière dont « on a beaucoup enrichi la langue française en France depuis quelques années, soit en faisant des mots nouveaux & de nouvelles phrases ; soit en renouvelant quelques termes & quelques phrases, qui n’étaient pas fort en usage ». S’ensuit une présentation de ces « façons de parler qui ont cours parmi les personnes polies ». Le premier mot étudié est précisément le terme de finesse, « qui signifie maintenant délicatesse, perfection ».

33 Fontenelle, Lettre sur la Princesse de Clèves, OC, t. I, p. 15.

34 « Le dessein m’en a paru très-beau » ; « Les plaintes que fait M. de Clèves à Mlle de Chartres, lorsqu’il est sur le point de l’épouser, sont si belles, qu’à ma seconde lecture je brûlais d’impatience d’en être là, et que je ne pouvais m’empêcher… » ; « L’aventure du bal m’a semblé la plus jolie et la plus galante du monde », OC, t. I, p. 14-15.

35 Fontenelle, Lettre sur Eléonore d’Yvrée, OC, t. I, p. 317.

36 Fontenelle est en cela héritier des classiques : sur ce point, il rejoint donc Boileau, chef de file des Anciens.

37 Ibid., p. 14-15.

38 « Le dessein m’en a paru très beau » ; « Les plaintes que fait M. de Clèves à Mlle de Chartres […] sont si belles » (nous soulignons).

39 Michel Delon, « Une catégorie esthétique en question au XVIIIe siècle, le joli », cité par KIM Gladu in La Grandeur des petits genres, chapitre « le style gracieux », p 171.

40 Fontenelle, Lettre sur la Princesse de Clèves, OC, t. I, p. 16.

41 Nombre de critiques ont porté sur cette question, voir notamment : Valincour, Lettres à Madame la Marquise *** sur « La Princesse de Clèves », Christine Montalbetti (éd.), Paris, Flammarion « GF », 2001.

42 Ibid., p. 15.

43 Fontenelle, Lettre sur Eléonore d’Yvrée, OC, t. II, p. 317.

44 Ibid., p. 316.

45 Fontenelle, Lettre sur la Princesse de Clèves, OC, t. I, p. 16.

46 Fontenelle, Lettre sur Eléonore d’Yvrée, OC, t. II, p. 316.

47 Fontenelle, Discours sur la nature de l’églogue, OC, t. II, p. 394.

48 Cité par Christophe Martin dans son édition des Entretiens sur la pluralité des mondes de Fontenelle, GF, 1998, p. 52, n. 1.

49 Cet « écho » à la lettre-préface des Principes de Descartes est souligné par Christophe Martin à propos de la Préface aux Entretiens sur la pluralité des mondes de Fontenelle : voir p. 52, n. 1 et 2, GF, 1998.

50 Fontenelle, Lettre sur la Princesse de Clèves, OC, t. I, p. 13.

51 Fontenelle développe la même idée, mais sous un angle inversé, dans la préface sur l’utilité des mathématiques : « L’esprit géométrique n’est pas si attaché à la géométrie qu’il n’en puisse être tiré, et transporté à d’autres connaissances. Un Ouvrage de Morale, de Politique, de Critique, peut-être même d’Éloquence, en sera plus beau, toutes choses d’ailleurs égales, s’il est fait de main de géomètre. » (Préface sur l’utilité des mathématiquesOC, t. VI, p. 44) ; sur ce point, voir notamment : Guilhem Armand, Les Fictions à vocation scientifique de Cyrano à Diderot, Presses Universitaires de Bordeaux, « Mirabilia », 2013, p. 48-52.

52 Où que les yeux du lecteur se posent, ce dernier trouve dans la nouvelle de Madame de La Fayette de la beauté : le « dessein » de l’œuvre, les « plaintes que fait M. de Clèves à Mlle de Chartres, ainsi que l’aveu de Mme de Clèves sont jugés « beaux », et dignes d’« admiration », Fontenelle, Lettre sur la Princesse de Clèves, OC, t. I, p. 14-16.

53 Christophe Martin, Présentation des Entretiens sur la pluralité des mondes, op. cit., p. 30.

54 Fontenelle, Entretiens sur la pluralité des mondes, OC, t. II, p. 18.

55 Fontenelle, Lettre sur Eléonore d’Yvrée, OC, t. II, p. 315.

56 Ibid., p. 316.

57 Fontenelle, Entretiens sur la pluralité des mondes, Premier Entretien, OC, t. II, p. 19.

58 Fontenelle, Lettre sur Eléonore d’Yvrée, OC, t. II, p. 317.

59 Ibid.

60 Fontenelle, Entretiens sur la pluralité des mondes, Premier Entretien : « Je me figure que la nature est un grand spectacle qui ressemble à celui de l’Opéra. Du lieu où vous êtes à l’opéra, vous ne voyez pas le théâtre tout à fait comme il est ; on a disposé les décorations et les machines, pour faire de loin un effet agréable, et on cache à votre vue ces roues et ces contrepoids qui font tous les mouvements. […] Il n’y a pas peut-être que quelque machiniste caché dans le parterre, qui s’inquiète d’un vol qui lui aura paru extraordinaire et qui veut absolument démêler comment ce vol a été exécuté. Mais ce qui, à l’égard des philosophes, augmente la difficulté, c’est que dans les machines que la nature présente à nos yeux, les cordes sont parfaitement bien cachées, et elles le sont si bien qu’on a longtemps à deviner ce qui causait les mouvements de l’univers », OC, t. II, p. 20-21.

61 Fontenelle, Lettre sur Eléonore d’Yvrée, OC, t. II, p. 317.

62 Fontenelle, Lettre sur La Princesse de Clèves, OC, t. I, p. 16.

63 Ibid., p. 14. Nous soulignons.

64 Ibid., p. 14. Nous soulignons.

65 Ibid.

66 Ibid., p. 16.

67 Fontenelle, Lettre sur Eléonore d’Yvrée, OC, t. II, p. 316.

68 Fontenelle, Lettre sur la Princesse de Clèves, OC, t. I, p. 15 : « Bien des gens ont été pris à ce plan. Ils croyaient que tous les personnages dont on y fait le portrait, et tous les divers intérêts qu’on y explique, dussent entrer dans le corps de l’ouvrage, et se lier nécessairement avec ce qui suivrait ; mais je m’aperçus bien d’abord que l’auteur n’avait eu dessein que de nous donner une vue ramassée de l’histoire de ce temps-là ».

69 René Descartes, lettre-préface des Principes, cité par Christophe Martin, Ibid., p. 52, n. 2.

70 Fontenelle, Lettre sur Eléonore d’Yvrée, OC, t. II, p. 316.

71 Ibid.

72 Ibid.

73 Fontenelle, Lettre sur la Princesse de Clèves, OC, t. I, p. 14.

74 Fontenelle, Lettre sur Eléonore d’Yvrée, OC, t. II, p. 317.

75 Ibid., p. 316.

76 Fontenelle, Entretiens sur la pluralité des mondes, OC, t. II, p. 22.

77 Fontenelle, Lettre sur Eléonore d’Yvrée, OC, t. II, p. 317.

78 « Les paroles y sont épargnées, et le sens ne l’est pas », Ibid., p. 316.

79 Ibid., p. 316 et 317.

80 Fontenelle, Digression sur les Anciens et les Modernes, OC, t. II, p. 413.

81 Cf. II.

82 « Qu’on raisonne tant qu’on voudra là-dessus, je trouve le trait admirable et très-bien-préparé », Fontenelle, Lettre sur la Princesse de Clèves, OC, t. II, p. 15. Il y a admiration autant pour le personnage que pour l’adresse de l’auteur ; et c’est parce que le lecteur se situe sur plusieurs en même temps, selon l’analyse proposée ci-dessus, que l’aveu, « si nouveau et singulier » fût-il, peut être admirable. Sur ce point, Fontenelle rejoint l’abbé de Charnes dans sa réponse à Valincour (J.-A. de Charnes, Conversations sur la critique de « La Princesse de Clèves », Tours, Université François Rabelais, 1973, p. 36-37).

83 Cf. n. 39.

84 Fontenelle, Lettre sur Eléonore d’Yvrée, OC, t. II, p. 316 et 317.

85 Ibid., p. 316.

86 « Il n’y a rien de plus spirituellement imaginé que le duc de Nemours qui conte au Vidame son histoire particulière en termes généraux » / « Les paroles y sont épargnées, et le sens ne l’est pas », Lettre sur la Princesse de Clèves, OC, t. I, p. 16.

87 Dominique Bouhours, Les Entretiens d’Ariste et Eugène, Second Entretien, « La Langue française », op. cit., p. 120.

88 Et qui sera encore plus évident dans le Discours sur la nature de l’églogue (1688).

89 Fontenelle, Lettre sur Eléonore d’Yvrée, OC, t. II, p. 316.

90 Fontenelle, Lettre sur La Princesse de Clèves, OC, t. I, p. 16.

91 Dominique Bouhours, Les Entretiens d’Ariste et Eugène, Second Entretien « La Langue française », op. cit., p. 120. Ariste ajoute même : « Je dirais presque que notre langue est la langue du cœur ».

92 C’est le sens donné par le Dictionnaire de l’Académie française (tome 2, 1694), à l’adjectif « naïf ».

93 Dans les deux lettres fictives Histoire de mon cœur et Histoire de mes conquêtes (de Fontenelle, et parues respectivement en janvier et février 1681 dans le Mercure galant) chacun des personnages, en dressant son portrait, fait don à son destinataire de sa sincérité : « Je suis si contente de la sincérité que vous m’avez marquée en m’envoyant l’Histoire de vostre cœur, que je veux suivre vostre exemple, et vous conter aussi de bonne-foy toutes les petites aventures de ma vie », OC, t. I, p. 29 (nous soulignons).

94 Fontenelle, Lettre sur la Princesse de Clèves, OC, t. I, p. 16.

95 Fontenelle, Lettre sur Eléonore d’Yvrée, OC, t. II, p. 316 : « Un seul trait vous porte dans l’esprit une idée vive, qui entre les mains d’un Auteur médiocre, auroit fourni à beaucoup de phrases ».

96 Dominique Bouhours, Les Entretiens d’Ariste et Eugène, Ibid., p. 121.

97 Fontenelle, Préface aux Entretiens sur la pluralité des mondes, OC, t. II, p. 11.

98 Dominique Bouhours, Les Entretiens d’Ariste et Eugène, Quatrième Entretien, « Le Bel esprit », Ibid., p. 241.

99 Fontenelle, Éléments de la géométrie de l’infini, « Préface » (1727), in Digression sur les Anciens et les Modernes et autres textes philosophiques, S. Audidière (dir.), Paris, Classiques Garnier, 2016, p. 302.

100 Fontenelle, Éléments de la géométrie de l’infini, « Préface », Ibid., p. 302.

Annette Deschamps

Professeure agrégée de Lettres Modernes, titulaire d’un Master 2 sur les Poésies pastorales de Fontenelle (G. Armand, dir.), Annette Deschamps a enseigné une année en tant que vacataire à l’Université de La Réunion, (portail ALL), et été chargée de mission de l’IA-IPR de Lettres pour les visites académiques (Réunion). Désormais professeure dans l’académie de Versailles, en 3e année de Doctorat, elle rédige une thèse intitulée « Le Berger et le Sculpteur de Fontenelle à Rousseau » sous la direction de G. Armand. Elle a déjà participé à plusieurs Journées d’étude et publié un article sur Fontenelle.

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