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    <title>Tropics</title>
    <link>https://tropics.univ-reunion.fr</link>
    <description>Créée par Guilhem Armand en 2013 (UR DIRE), TrOPICS est une revue centrée sur la littérature et les arts privilégiant une approche interdisciplinaire.</description>
    <language>fr</language>
    <item>
      <title>Introduction</title>
      <link>https://tropics.univ-reunion.fr/3395</link>
      <description>« Présence obsédante et qui nous harcèle sans pitié »1, le remords s’oppose selon Jankélévitch au regret à la façon dont l’irréparable se distingue de l’irréversible. Le remords est la hantise de ne pouvoir défaire ce qui a été fait (« what is done can not be undone »2), alors que le regret est le désir de revivre un temps définitivement révolu. Plus intense que le regret (il est, étymologiquement, un mal dévorant) et plus intimement lié à la sphère morale (il est engendré par la mauvaise conscience), le remords implique une temporalité spécifique, faite de rétrospection douloureuse (« le remords de conscience […] ne regarde pas le temps à venir », écrit Descartes, « mais le présent ou le passé »3), d’itération (le remords s’épanouit dans l’éternel retour), d’actualisation constante d’un passé fautif. Le remords est ainsi un « symptôme du mauvais rapport de l’être humain avec son passé », capital « pour l’éthique judéo-chrétienne de la loi » mais aussi déjà « pour l’éthique païenne de la vertu »4. Là où le regret suppose une esthétisation des jours perdus, dont découle le chant doux-amer de la nostalgie, Jankélévitch soutient que « le remords n’est pas une émotion inspirante » et se révèle même « l’anti-poésie par excellence » parce qu’il « se détourne avec horreur de la forme imagée, de la figure expressive, et n’a d’autre interlocuteur qu’un revenant muet et sans visage »5. Nul doute pourtant qu’il existe une poésie, sombre et tourmentée, du remords. L’âme du coupable, dans</description>
      <pubDate>lun., 01 déc. 2025 00:00:00 +0100</pubDate>
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    </item>
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      <title>Du crime d’état à la consécration. Les remords du souverain dans le théâtre du XVIIe siècle</title>
      <link>https://tropics.univ-reunion.fr/3396</link>
      <description>Le motif du remords est discriminant dans la caractérisation des monarques qui peuplent les tragédies et tragi-comédies du xviie siècle, dont il permet d’établir une typologie. Au bas de cette échelle éthique et politique se trouvent les monstres et les bourreaux d’eux-mêmes, qui mettent en accord éthique et politique à leur propre détriment : les premiers ne suscitent cependant pas la pitié, contrairement aux seconds. Les coupables repentants peuvent, quant à eux, rester sur le trône : ces miraculés n’accèdent pas pour autant à une véritable consécration, car la politique est alors inféodée à l’éthique. À l’inverse, cette dernière s’efface devant la première quand l’État risque la ruine et que le monarque coupable accède malgré tout à une consécration pleine et entière après avoir rejeté le remords. Ainsi, les dramaturges du xviie siècle jouent avec des limites qui, dans le monde réel, sont censées rester contraignantes. The fact that a monarch feels or does not feel remorse after having committed a crime, in 17th century tragedies and tragi-comedies, is crucial. It shows what type of sovereign they are. The worse amongst them are either monsters who never regret anything, or those who torment themselves out of guiltiness. Both these types of monarchs are condemned ethically and politically. Some repentant tyrants may remain on the throne, but they are not considered as true rulers. Indeed, in that case, politics is conditioned by ethics. On the contrary, ethics gives way to politics when the state is exposed to its own destruction, in which case, paradoxically, a guilty monarch can be fully consecrated only if he feels, and then rejects remorse. This typology shows that seventeenth-century playwrights manage to play with rules that are supposed to be binding in the real world. </description>
      <pubDate>lun., 01 déc. 2025 00:00:00 +0100</pubDate>
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      <title>Entre procès et prétexte : les fictions du remords chez Lafayette et Bernard</title>
      <link>https://tropics.univ-reunion.fr/3407</link>
      <description>Parmi toutes les délicatesses de la fiction galante (ici, celle de Lafayette et de Bernard) le remords tient une place de choix. Escorté par la honte, qui impose le regard d’autrui en juge de son action, et non loin du scrupule, qui accompagne l’inquiète délibération sur la conduite à tenir, il envahit les aventures intérieures des nouvelles. S’il définit un moment (celui, majoritairement, de psycho-récits à la fois pathétiques et judiciaires) et une temporalité (celle de la répétition), il révèle surtout la part de mauvaise foi en ces personnages responsables de leur irresponsabilité. Among all the “delicate” elements of gallant fiction (in this case, that of Lafayette and Bernard), remorse holds a place of choice. Escorted by shame, which imposes the gaze of others as judge of one's action, and not far from scruples, which accompanies restless deliberation on what to do, remorse invades the inner adventures of the short stories. It defines a moment (deployed through pathetic and judicial psycho-narratives) and a temporality (repetition), but above all it shows the extent of bad faith in these characters responsible for their irresponsibility. </description>
      <pubDate>lun., 01 déc. 2025 00:00:00 +0100</pubDate>
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      <title>« Sa conscience le bourrelait » : les remords des méchants dans les romans de Courtilz, Challe et Prévost</title>
      <link>https://tropics.univ-reunion.fr/3439</link>
      <description>Jusqu’à quel point peut-on laisser les personnages pervers exposer leurs méfaits et leurs passions mauvaises ? Trois romanciers des Lumières ont apporté des solutions originales au traitement des discours des méchants : Courtilz de Sandras dans ses Mémoires de la marquise de Fresne, Challe dans l’histoire de Dupuis qui clôt Les Illustres Françaises, Prévost dans la seconde partie de son Cleveland (1738-39). Le repentir d’une âme coupable : tel est proprement le sujet des confessions ou des aveux devant une autorité judiciaire, politique ou morale. Ces moments rhétoriques sont fortement théâtralisés dans les trois romans : Challe et Prévost optent pour une confession rendue publique, dont la sincérité rend le criminel plus digne de pitié. Prévost et Courtilz cultivent aussi la distanciation humoristique, créant une complicité avec les lecteurs : s’ouvrent ainsi des perspectives novatrices dans la manière de penser de l’intérieur la psychologie du méchant. To what extent can perverse characters be allowed to expose their misdeeds and evil passions? Three novelists of the Enlightenment came up with original solutions for dealing with the discourse of villains: Courtilz de Sandras in his Mémoires de la marquise de Fresne, Challe in the story of Dupuis that closes Les Illustres Françaises, and Prévost in the second part of his Cleveland (1738-39). The repentance of a guilty soul: this is the very subject of confessions before a judicial, political or moral authority. These rhetorical moments are strongly dramatised in the three novels: Challe and Prévost choose a confession made public, whose sincerity makes the criminal more worthy of pity. Prévost and Courtilz also cultivate humorous distancing, creating a sense of complicity with readers: this opens up innovative perspectives on the way to think about the psychology of the villain from the inside. </description>
      <pubDate>lun., 01 déc. 2025 00:00:00 +0100</pubDate>
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      <title>« Quelques remords secrets ». Scrupules et délicatesse de conscience dans l’Histoire d’une Grecque moderne de Prévost</title>
      <link>https://tropics.univ-reunion.fr/3458</link>
      <description>Peut-on se libérer du passé ? La question traverse l’Histoire d’une Grecque moderne, roman de la mauvaise conscience dans lequel le remords se manifeste sous des formes insidieuses. En accédant à une sphère de moralité nouvelle, l’héroïne juge sa vie antérieure marquée du sceau de l’opprobre, tandis que le narrateur est tiraillé par l’image peu flatteuse que lui renvoie son propre désir. Le roman de Prévost, en confrontant les scrupules du libertin honteux et les remords – incompris de lui – de la courtisane repentie, constitue une réflexion profonde sur les pièges de la rétrospection et le rêve d’une réinvention de soi. Is there a way to free oneself from the past? This question runs through The Story of a Modern Greek Woman, a novel about guilty conscience in which remorse manifests itself in insidious forms. By entering a new sphere of morality, the heroine considers her previous life a stigma, while the narrator is torn by the unflattering image of himself reflected in his own desire. Prévost's novel, in the way it confronts the scruples of the ashamed libertine and the remorse - misunderstood by him - of the repentant courtesan, is a profound reflection upon the retrospection and the dream of reinventing oneself. </description>
      <pubDate>lun., 01 déc. 2025 00:00:00 +0100</pubDate>
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      <title>Le remords comme supplice dans Le Monde moral de Prévost et les nouvelles de Baculard</title>
      <link>https://tropics.univ-reunion.fr/3463</link>
      <description>Au XVIIIe siècle, se développe une anthropologie nouvelle : certains auteurs, en amont même des thèses de Rousseau, commencent à penser la nature humaine indépendamment du péché originel et à défendre l’idée que l’homme serait doté d’un sens moral inné. Il en résulte une évolution de la poétique de l’histoire tragique. À l’époque de son âge d’or, l’anthropologie sur laquelle le genre se fondait était déterminée par les dogmes de la chute et de la corruption de la nature humaine. Les remords du criminel n’étaient alors qu’une étape vers sa rédemption, dont il doit manifester la sincérité en supportant avec constance les tourments physiques, notamment sur l’échafaud. Dans les histoires tragiques qui constituent notre corpus, le remords change de statut : preuve que le criminel n’est pas totalement corrompu, il devient en même temps une punition suffisante, et même la seule à être à la mesure du crime, aucun supplice n’étant plus douloureux que les reproches de sa propre conscience.  In the 18th century, a new anthropology developed: even before Rousseau developed his theses, some authors began to think about human nature independently of original sin and to defend the idea that man would be endowed with an innate moral sense. The result is an evolution in the poetics of the histoire tragique genre. In its golden age, the anthropology on which this genre was based was determined by the dogmas of the Fall and the corruption of human nature. The criminal’s remorse was then only a step towards his redemption, whose sincerity he must show by enduring physical torment with constancy, particularly on the scaffold. In the histoires tragiques that I will study, the remorse does not have the same function: proof that the criminal is not totally corrupted, it also becomes a sufficient punishment, and even the only one commensurate with the crime, no torture being more painful than the reproaches of one’s own conscience. </description>
      <pubDate>lun., 01 déc. 2025 00:00:00 +0100</pubDate>
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      <title>Les intermittences du remords. Autour de la « Quatrième Promenade »</title>
      <link>https://tropics.univ-reunion.fr/3472</link>
      <description>Dans la « Quatrième Promenade » des Rêveries du promeneur solitaire, Rousseau s’interroge sur le remords ressenti après l’épisode honteux du vol du ruban. Pourquoi cet évènement raconté au livre II des Confessions a-t-il gravé en lui d’« ineffaçables remords », alors que les nombreuses entorses qu’il a pu faire contre la vérité tout au long de son existence ont laissé sa conscience en paix ? Loin d’être anecdotique, ce questionnement conduit à s’interroger plus avant sur le rôle du remords dans l’œuvre de Rousseau. Le sentiment de culpabilité n’est pas seulement l’objet d’une interrogation herméneutique : il s’impose comme une véritable force de déstabilisation qui permet la relance féconde de la pensée. In the “Fourth Walk” of the Reveries Of The Solitary Walker, Rousseau reflects on the remorse felt after the shameful episode of the ribbon theft. Whye did this event recounted in the second book of the Confessions leave “indelible remorse” in him, when the numerous breaches he has made against verity throughout his life left his conscious at peace? Far from being anecdotal this question leads us to further examine the role of remorse in Rousseau’s work. The feeling of guilt is not only the object of an hermeneutic interrogation, it asserts itself as a genuine force of destabilization that allows the fruitful revival of thought. </description>
      <pubDate>lun., 01 déc. 2025 00:00:00 +0100</pubDate>
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      <title>L’ombre portée du remords sur l’œuvre de Chateaubriand</title>
      <link>https://tropics.univ-reunion.fr/3481</link>
      <description>Après avoir fait du remords l’une des pierres angulaires de sa démarche apologétique dans le Génie du christianisme, en mettant en avant la supériorité de la conscience évangélique ouverte au pardon, Chateaubriand a expérimenté dans ses fictions divers itinéraires spirituels conduisant du remords au repentir ou enfermant dans les angoisses du désespoir. Homme de scrupules et de regrets, il a tout fait pour se présenter dans son œuvre comme exempt de tout remords. After making remorse one of the cornerstones of his apologetic approach in Génie du christianisme, by highlighting the superiority of the evangelical conscience open to forgiveness, Chateaubriand experimented in his fictions with various spiritual itineraries leading from remorse to repentance or locking us into the anguish of despair. A man of scruples and regrets, he did his utmost to present himself in his work as free of all remorse. </description>
      <pubDate>lun., 01 déc. 2025 00:00:00 +0100</pubDate>
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      <title>Amours coupables : l’expression du remords amoureux chez Alfred de Musset</title>
      <link>https://tropics.univ-reunion.fr/3492</link>
      <description>Chez Musset, le remords procède le plus souvent d’une faute amoureuse. Tantôt la souffrance expiatoire se mue en plaisir doloriste ; tantôt, au nom de la jouissance, les personnages libertins revendiquent l’absence de remords, défiant une société dans laquelle l’Église tente de restaurer son autorité morale. Parallèlement, la sécularisation du mariage déplace la culpabilité amoureuse du registre théologique vers la sphère sociale. L’analyse d’un corpus romanesque et théâtral varié nous permettra ainsi d’explorer la manière dont le remords amoureux constitue chez Musset l’expression d’une conscience romantique en mutation, tout en servant d’instrument à la critique des normes sociales et morales dominantes au XIXe siècle. In Musset's work, remorse most often stems from a fault in love. Sometimes suffering as an expiation turns into dolorous pleasure; sometimes, in the name of pleasure, the libertine characters claim the absence of remorse, defying a society in which the Church is trying to restore its moral authority. At the same time, the secularisation of marriage shifts the guilt of love from the theological register to the social sphere. By analysing a varied corpus of novels and plays we will be able to explore the way in which, in Musset, remorse in love is the expression of a changing Romantic conscience, while at the same time serving as an instrument to critique the dominant social and moral norms of the 19th century. </description>
      <pubDate>lun., 01 déc. 2025 00:00:00 +0100</pubDate>
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      <title>Les morsures de la conscience. Réflexions sur la culpabilité dans L’auberge rouge de Balzac</title>
      <link>https://tropics.univ-reunion.fr/3506</link>
      <description>Dans la société post-révolutionnaire décrite par Balzac dans La Comédie humaine, rares sont les fortunes qui, à la faveur des bouleversements historiques, ne sont pas nées ou n’ont pas prospéré du crime : chantage, usure, tromperie, fraude et meurtre sont autant d’actes immoraux et illégaux par lesquels les personnages de bourgeois se sont enrichis et ont assis leur domination. Parue en 1831 dans La Revue de Paris, la nouvelle L’Auberge rouge se révèle être une fable politique qui illustre parfaitement cette donnée sociale et offre une réflexion sur la façon dont la classe bourgeoise cherche à échapper aux affres de sa mauvaise conscience. In the post-revolutionary society described by Balzac in La Comédie humaine, there are few fortunes that, thanks to historical upheavals, were not born or did not prosper from crime: blackmail, usury, deception, fraud and murder are all immoral and illegal acts by which bourgeois characters have enriched themselves and established their domination. Published in 1831 in La Revue de Paris, the short story L’Auberge rouge is a political fable that perfectly illustrates this social fact and offers a reflection on the way in which the bourgeois class seeks to escape the pangs of its bad conscience. </description>
      <pubDate>lun., 01 déc. 2025 00:00:00 +0100</pubDate>
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